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11 février 2010
Avertissement important
par Emmanuelle Erny-Newton
Le bâtiment où se trouvent les locaux du Réseau Education-Médias a récemment été la proie d'un incendie. Notre équipe travaille donc avec des moyens techniques réduits. Nous n'avons qu'un accès intermittent à nos courriels et répondeurs téléphoniques. Pour nous contacter, veuilllez utiliser notre courriel d'urgence : reseaueducationmedias(at)hotmail.com. Nous ferons de notre mieux pour vous répondre au plus vite. Merci de votre compréhension.
10 février 2010
Les écoles et le Web social
par Emmanuelle Erny-Newton
Sur Internet en général, et le Web social en particulier, tout n’est pas digne de foi, loin de là. A l’école, en revanche, tout tend à l’être ; par contrecoup, la pensée critique n’est généralement qu’un exercice scolaire ponctuel et bien repéré : « Critiquez cet article ! » dira l’enseignant. Ou encore : « Attention, il y a un piège ! ». Or dans la vie, les canulars grandeur nature viennent rarement précédés d’un avertissement. Emmener ses élèves naviguer sur le Web 2.0 c’est les pousser à construire et exercer en tout temps leur regard critique, et d’en faire chez eux une seconde nature. L’école traditionnelle, par son « devoir » de planification (et d’évaluation) pré-arrange des éléments de connaissance pour la consommation (souvent passive) des élèves. En comparaison, le Web social est un constant remue-méninges de la pensée humaine. Plus que la collecte linéaire de données et de connaissances préétablies, ce Web favorise la compréhension originale et créative par la mise en contact d’idées qui n’auraient pas dû se rencontrer. Utiliser le Web 2.0 en classe, c’est passer de l’accumulation de connaissances préétablies, de « pensées déjà pensées », à une compréhension originale née de l’exploitation de l’intelligence collective. J’ai le souvenir particulièrement vif du jour où ma fille, ayant rédigé une dissertation expliquant pourquoi elle était vegan, était revenue blanche de rage avec sa copie corrigée. La note était excellente, mais ce qui la mettait hors d’elle est que l’enseignant n’y avait laissé aucun commentaire. Pas le moindre indice qui aurait pu lui faire savoir si ce morceau d’elle-même avait changé la vie d’un autre. En bonne « native du numérique », sa réaction immédiate avait été de poster son texte sur son forum favori, où elle n’a pas tardé à récolter de nombreux commentaires. Dans la classe traditionnelle, l’enseignant donne « parce que c’est son métier », et l’élève ne donne pas, parce que ce n’est pas son rôle. Pour un élève, les occasions de « donner » (de l’information, son opinion, etc.) sont circonscrites et codifiées, et elles sont généralement un moyen d’évaluation, pas de discussion. L’élève apprend peu à peu que ce n’est pas tant ses idées qui y sont évaluées, mais sa capacité à produire un texte conforme aux instructions de départ. Or comme dans le cas de ma fille, l’utilisation sociale d’Internet permettrait de redonner à ces « exercices » une dimension dialectique réelle. Cela permettrait au jeune de construire son identité à travers les idées qu’il expose, et de réaliser qu’il est capable d’influer la communauté en ligne – et donc la communauté tout court. Dans le Web 2.0, les « producteurs d’information » ne sont évalués et hiérarchisés qu’à partir de ce qu’ils font, produisent et disent, et non à partir d’un statut à priori. Ce sont les internautes, par le biais du Web social, qui décident de lier et de faire circuler telle idée ou telle information. Dans ce contexte, « établir un lien, c’est émettre un vote », dit Dominique Cardon. Il est donc crucial de rendre les jeunes conscients de ce pouvoir qu’Internet met dans les mains de chaque internaute, et de leur permettre de l’exercer : initions très tôt les jeunes au « social bookmarking », qui permet de faire émerger des liens « enterrés » ; et donnons-leur l’occasion d’utiliser les micro-blogues de type Twitter, où s’échangent des liens de sources alternatives aux traditionnels « fournisseurs d’infos ».
15 janvier 2010
Les enfants face aux images du tremblement de terre d’Haïti
par Emmanuelle Erny-Newton
Il existe tout un corpus de recherches étudiant l’impact sur les enfants de la représentation de la violence dans les médias. Mais bizarrement, toute cette recherche se concentre essentiellement sur la représentation de la violence dans les films de fiction ; il n’existe qu’une recherche minimale et parcellaire sur l’impact des images choquantes rencontrées dans les actualités. De plus, selon le Rapport Brisset, « Les (images de violence les) plus intolérables sont celles auxquelles il est impossible de donner un sens quelconque, c’est-à-dire les messages qui présentent la violence comme une entreprise gratuite d’anéantissement (…) sans aucun élément de compréhension. Dès lors qu’il y a interprétation possible, souligne le Pr. Jeammet, dès qu’il y a débat avec d’autres, en particulier avec des adultes, s’instaure alors une forme de pondération, de limitation, de distance ». Comment interpréter pour nos enfants les images du tremblement de terre d’Haïti ? Ne sommes-nous pas là en présence de ce qui est décrit comme la situation la plus destructrice pour les enfants : celle qui s’abat arbitrairement sur une population sans qu’on puisse lui donner du sens ? La violence vient des éléments eux-mêmes, il n’y a pas de « responsable ». Puisqu’il ne peut se dégager qu’un sentiment d’impuissance du côté des causes, il faut donc mettre en valeur auprès de l’enfant ce que l’on peut faire pour aider les populations touchées : parlez-leur de ce qu’on peut faire pour les aider. Si vous décidez de faire un don, incluez vos enfants dans le processus, de façon à ce qu’ils n’aient pas le sentiment qu’on leur a montré une catastrophe devant laquelle ils sont totalement impuissants. Profitez-en pour leur expliquer ce qu’est l’aide humanitaire. Selon l’âge de vos enfants, vous pouvez chercher avec eux ou leur donner la mission de rechercher à quelle organisation vous voulez faire un don, en visitant leurs sites et voyant concrètement ce que chacune projette de faire avec les dons. Dirigez vos enfants sur les sites d’organisation reconnues comme la Croix rouge, Oxfam, ou Médecins sans frontières. Attention aux fraudeurs, ne donnez qu’à des organismes reconnus ! A la suite de cela, ne manquez pas de souligner auprès de vos enfants l’aide de l’organisation à qui vous avez donné, à chaque fois qu’elle est mentionnée dans les actualités. De cette façon, ceux-ci verront concrètement comment leur donation se transforme en action sur le terrain. En même temps qu’une façon de « digérer » les images d’Haïti, cette recherche humanitaire en ligne peut donner à votre enfant une première expérience tangible vers la citoyenneté digitale et un sentiment d’appartenance au « village global ».
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8 mars 2010
Google, transparence, et notre formule pas si secrète que ça Publicité en ligne : polémique sur le suivi des internautes Yoogle ! cafte tout Data center : Twitter, nouvel outil de communication des incidents Nous offrons aussi un service quotidien de nouvelles en anglais. ![]() Derniers billets
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