Selon les analystes, même si la représentation des homosexuels a fait de considérables progrès à la télévision et au cinéma, la vie des gais et des lesbiennes est encore systématiquement occultée ou déformée dans les médias d'information.
En 1998, Lisa Bennett a publié les résultats d'une étude qui répertorie 50 ans de couverture des questions touchant à l'homosexualité dans Times et Newsweek. Elle en conclut que les médias d'information renforcent les préjugés et la discrimination envers les gais et lesbiennes et les associent souvent sans preuve à des conduites criminelles ou déviantes. Les médias reproduisent également souvent des commentaires offensants ou homophobes et d'une manière générale, dit-elle, consolident l'idée que gais et lesbiennes sont par définition inférieurs.
Avant le début de leurs mouvements de revendication dans les années 1970, les homosexuels apparaissaient rarement dans les grands titres des médias d'information. Dans les années 1980, quand l'émergence du SIDA est devenue une question de santé publique, la couverture s'est faite plus importante et aussi plus négative : les hommes gais étaient fréquemment présentés comme représentant un grave danger pour la société.
Militants et universitaires, comme Simon Watney, Douglas Crimp et Jan Zita Grover, affirment que la couverture par les médias de l'épidémie de VIH/SIDA a propagé systématiquement une image négative des gais et des lesbiennes. Selon eux, les médias ne faisaient que refléter la peur du grand public et son rejet de la communauté homosexuelle – et attribuaient aux hommes gais la responsabilité de l'épidémie.
Des organisations comme la Gay and Lesbian Alliance Against Defamation (GLAAD) soutiennent que la presse d'information ou de divertissement ne reflète pas adéquatement leurs expériences et leurs attentes. Lors d'un atelier de la Table de concertation des lesbiennes et des gais du Québec, qui s'est déroulé en septembre 2000, les participants ont tenu essentiellement le même discours. Selon eux, « l'inexistence de chroniques gaies et la réduction des questions touchant [les communautés gaies et lesbiennes] aux simples faits divers » dans la presse a pour effet de rendre « occasionnelle et marginale » la présence des homosexuels dans les médias. Considérant que les gais et lesbiennes représenteraient environ 10 % de la population, ils sont nombreux à dire que leurs intérêts et points de vue devraient être beaucoup plus largement couverts.
Un article publié en juillet 2001 dans À rayons ouverts, le Bulletin de la Bibliothèque nationale du Québec, révèle qu'il y a tout de même eu une grande amélioration dans la couverture de la thématique gaie. À l'heure actuelle, La Presse publie annuellement plus de 400 articles traitant d'enjeux et de thèmes reliés aux gais, alors qu'on en publiait une quinzaine par année, tout journaux confondus, dans les années quatre-vingt. Par ailleurs, le ton de ces articles a grandement changé avec les années, devenant de plus en plus objectif ou amical.
Cet article souligne aussi que la couverture de l'homosexualité par les médias de masse a contribué à la construction et, dans un second temps, à la déconstruction des préjugés liés à l'homosexualité. Les journaux et magazines s'adressant directement à la communauté gaie qui sont publiés régulièrement depuis une vingtaine d'année ont aussi contribué à l'évolution des mentalités.