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La violence à la télévision

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Qu'est-ce que la violence ?

Les comportements violents vont de l'agression corporelle la plus manifeste jusqu'aux formes plus subtiles d'abus mental. Les recherches sur la violence à la télévision ne tiennent compte que de la violence physique. Voici une définition utilisée couramment par les chercheurs pour mesurer la violence des contenus télévisuels :

  • Des actes physiquement violents ou agressifs commis dans l'intention de faire mal à quelqu'un ou la menace de commettre de tels actes.

La Commission royale sur la violence dans l'industrie des communications (1977) a élaboré une autre définition :

  • La violence est un acte qui blesse ou cause de la douleur en perturbant le bien-être physique, psychologique ou social de personnes ou de groupes de personnes. La violence peut être flagrante ou subtile.
« La violence donnée en spectacle divertissant peut sembler être approuvée par la société... et les enfants qui en sont témoins ne sont pas forcément aptes à porter sur elle un jugement adéquat. »
Guy Paquette
Profil de la violence à la télévision canadienne, 1994.

La violence à la télévision touche les enfants. Voilà la conclusion à laquelle arrive aussi bien le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) que l'American Psychological Association après avoir passé en revue des centaines d'études sur la question.

Plusieurs facteurs peuvent influencer l'effet de la violence à la télévision sur un enfant :

    • la nature de la violence ;
    • la personnalité de l'enfant ;
    • l'âge de l'enfant ;
    • le milieu familial ;
    • le fait d'être seul ou accompagné devant l'écran.

Une chose est certaine : la violence montrée à la télévision et dans les films ne peut être tenue seule responsable du comportement agressif des enfants et n'en fera pas des adultes violents. Croire l'inverse serait nier les effets de la pauvreté, de l'abus, de la négligence et de la violence familiale. Par ailleurs, la plupart des recherches à ce sujet révèlent que les enfants victimes eux-mêmes de la violence sont les plus affectés par la violence télévisuelle.

« Dans les dessins animés de langue anglaise, 21 % des personnages masculins commettent des actes violents et 16 % des personnages féminins manifestent des comportements physiquement violents. Dans les dessins animés de langue française, 28 % des personnages masculins commettent des actes violents et 14 % des personnages féminins manifestent des comportements physiquement violents. »
La Famille et la télévision
GRJM. MCQ, 1992
  • La violence est très présente dans les émissions pour enfants, surtout dans les dessins animés où les personnages sont écrasés par des pianos qui tombent d'une grue, avalés par des bêtes féroces et aplatis par des rouleaux compresseurs... et en sortent indemnes. Dans ce genre d'émissions, la violence va de pair avec l'humour et entraîne rarement des conséquences.

  • Dans les émissions pour adultes, la violence est plus explicite. Les armes à feu et les couteaux ont l'air vrai, tout comme les corps démembrés par des explosions et le sang qui gicle. Les victimes poussent des cris de douleur et certains meurent, mais les conséquences réelles, la souffrance et la peur à long terme, ne sont pas montrées.

  • Les enfants sont souvent témoins de la violence et de ses répercussions lorsqu'ils regardent les nouvelles ou certains sports télévisés. Ils y voient des images de brutalité, de terreur, de destruction et de mort et ils savent qu'elles sont vraies. L'effet de cette violence sur les enfants peut être marquant.

  • Selon une étude effectuée pour l'Office national du film du Canada, la plupart des enfants âgés de quatre ans regardent déjà des émissions pour adultes. Environ 30 % du temps qu'ils passent devant l'écran est entre 19 h et 23 h.
« Prenez, par exemple, les reality shows comme Rescue 911. [Les enfants] y voient de nombreuses scènes violentes - violence familiale, violence de la rue, etc. - et, à cause du genre docu-drame, ils les confondent avec des situations réelles. On diffuse ces émissions aux heures où les enfants sont à l'écoute. »
Eileen Saunders,
citée dans Television Violence: Fraying Our Social Fabric
  • Les crimes violents sont beaucoup plus répandus à la télévision que dans la réalité. Le policier moyen du petit écran va tuer entre 12 et 48 personnes, alors qu'un vrai policier américain se sert de son arme en moyenne une fois tous les 27 ans.

  • Pour beaucoup d'enfants, l'émission la plus effrayante est le bulletin de nouvelles, car ils s'imaginent que les événements qu'ils voient se passent près de chez eux.

  • Des études sur le développement de l'enfant démontrent que les enfants ne font pas toujours la distinction entre la réalité et l'imaginaire. Devant les mêmes images ou situations, les enfants ne voient et ne comprennent pas toujours les mêmes choses que les adultes.

chère télé...

L'effet sur les enfants de la violence à la télévision peut se manifester de différentes façons :

  • Certains enfants adoptent un comportement agressif calqué sur ce qu'ils voient à la télévision : un penchant pour l'affrontement, une tendance à crier, à intimider des plus jeunes et des moins forts qu'eux et un goût pour la bagarre, tant dans les jeux que dans la vie quotidienne.

  • Certains perçoivent le monde comme étant si menaçant, si violent qu'ils deviennent craintifs et se renferment sur eux-mêmes.

  • D'autres sont désensibilisés par la vue répétée de scènes de violence, incapables de compatir à la souffrance des autres.

  • Beaucoup d'enfants voient la violence comme une façon acceptable de régler les problèmes et les différends ou d'obtenir ce qu'ils veulent. Ils s'attendent à bousculer ou à être bousculés, à lancer des insultes et à donner des coups.
« La violence verbale et la violence psychologique devraient être examinées avec autant d'intérêt que la représentation de la violence physique et ce, malgré les difficultés méthodologiques posées à l'analyste. Les risques que comporte la substitution pure et simple d'une forme de violence pour une autre, qui nous apparaît plus acceptable, méritent certainement que l'on s'y intéresse. »
Guy Paquette,
Profil de la violence à la télévision canadienne, 1994.

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Source : l'Alliance pour l'enfant et la télévision, Chère Télé... ou comment regarder la télévision en famille


 
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